Deux (trois ?) gros RDV !
On a la pêche en cette rentrée, et le week end s’annonce radieux. On a donc remonté nos manches et on vous propose deux grosses Gratuiteries !!!!!

RDV Samedi 19 septembre entre 15h et 17h dans la cour du LEO et RDV Dimanche 20 septembre, rue des Monteux (juste à coté du LEO à l’occasion de la brocante organisée par les Comptoirs de l’EST) entre 10h et 17h.
Au programme : beaucoup de vêtements : pulls à gogo, pantalons, manteaux, robes… du linge de maison en pagaille, de la déco et des objets en tous genre, un très gros stock de vêtements enfants aussi et bien sûr, des jouets.
Passez le mot et venez nombreux.ses !
Et pour celle.ux qui ont envie d’une petite rando ou simplement d’un monde plus juste et sécure où on ne risquera pas impunément des balles dans dos, on vous invite cordialement à rejoindre les manifestations contre la loi « Permis de tuer » qui auront lieu un peu partout dans le week end, infos et rdv ICI.

Mais c’est quoi cette loi ?
(extrait du site d’amnesty international) :
« Cette loi porte atteinte à l’État de droit. Pour en mesurer sa gravité, nous avons décrypté en 5 points ce qu’elle changerait concrètement.
1. Tout tir de policier est considéré légal
Aujourd’hui, un tir de policier ou gendarme doit être démontré comme étant strictement nécessaire et proportionné. Demain, il sera automatiquement présumé légal.
Cette nouvelle loi s’appuie sur une législation plus ancienne, de 2017, connue sous le nom de l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure. Derrière ce nom abstrait, se cache en réalité un changement majeur : la loi vient élargir les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre peuvent utiliser leurs armes. Concrètement, un policier ou un gendarme peut ouvrir le feu sur une personne qu’il pense « susceptible » de représenter un danger. Or, depuis son adoption, les tirs mortels de policiers sur des véhicules ont été cinq fois plus nombreux qu’avant.
C’est dans ce contexte déjà alarmant que la nouvelle loi s’inscrit. Plutôt que de corriger les failles de la loi de 2017, la nouvelle loi votée à l’Assemblée nationale les aggrave. Jusqu’ici, en cas de tir, une enquête doit vérifier si les conditions exigées par l’article L.435-1 sont bien réunies. Avec la nouvelle loi, cette vérification ne sera même plus nécessaire : à chaque fois qu’un policier utilisera son arme, le tir sera automatiquement considéré comme légal.
2. C’est aux familles des victimes d’apporter les preuves, plus à l’État
Aujourd’hui, si un policier ou gendarme utilise son arme et tue, c’est à l’État de démontrer que le tir mortel était strictement nécessaire et proportionné. Demain, ce sera aux familles, en plein deuil, de prouver le contraire.
C’est une inversion inédite de la charge de la preuve que propose cette nouvelle loi. Quand un agent de l’État tue, c’est à l’État de justifier cet acte. Mais dès lors que le tir est présumé légal, ce sera aux familles des victimes de prouver que le tir responsable de la mort de leur proche était illégal. Comment apporter des preuves en plein deuil ? Comment prouver quelque chose sans avoir été présent, sans accès aux caméras, aux rapports, aux témoignages des agents des forces de l’ordre ?
Les tirs mortels des forces de l’ordre ne sont pas des faits divers isolés. Ils peuvent toutes et tous nous toucher, de près ou de loin : un frère, un voisin, une connaissance du même quartier. Si cela arrivait, ce sera notamment à vous, de prouver que le tir du policier n’était pas légal.
C’est un fait : les tirs mortels lors de simples contrôles routiers sont nombreux et en augmentation en France. Nahel, Souheil, Adam, Aboubacar, Olivio… tous ont été tués par un tir de policier ou de gendarme. Avec cette loi, le tir aurait d’emblée été considéré comme légal. Mais alors, qui pour rendre des comptes .
3. Il pourrait ne plus y avoir de vraies enquêtes
Aujourd’hui, les enquêtes sur les tirs mortels de policiers sont déjà très longues et difficiles et beaucoup n’aboutissent pas. Demain, le travail d’enquête sera considérablement affaibli et certaines enquêtes pourraient être réduites à une simple formalité.
Les premières heures d’une enquête sont cruciales pour la collecte de preuves : c’est là qu’on récupère les images de vidéosurveillance avant qu’elles ne soient effacées, qu’on saisit les téléphones avant que des messages ne disparaissent, qu’on interroge les témoins à chaud. Et c’est surtout là, qu’on place le policier ou gendarme inculpé en garde-à-vue pour recueillir rapidement sa version des faits. Or, avec la nouvelle loi, le policier ne serait plus automatiquement considéré comme suspect et donc, pourrait ne pas être placé en garde à vue puisque son tir serait présumé légal. Sans garde à vue, on empêche le recueil de preuves cruciales à l’enquête.
Olivio Gomez avait 28 ans, père de trois enfants. Le 17 octobre 2020, il rentre tranquillement chez lui à Poissy. Une voiture de police le suit jusqu’en bas de son immeuble. Les policiers sortent de leur véhicule pour procéder à un contrôle. Olivio n’obtempère pas immédiatement et avance légèrement sa voiture, juste avant de sortir lui aussi. Mais un policier tire, trois balles. Olivio meurt en bas de chez lui.
Une enquête s’ouvre, les images des caméras de vidéosurveillance sont récupérées à temps : elles montrent que la « légitime défense » invoquée par le policier ne tient pas. Six ans après les faits, le policier est condamné à 10 ans de prison pour meurtre. Une sentence historique.
Pendant six années, le petit frère d’Olivio, Leonel Gomes, s’est battu aux côtés de sa famille pour obtenir justice. « On sait que rien ne te ramènera. Mais au moins, la justice a reconnu ta dignité. On continuera de raconter ton histoire, pas seulement pour toi, mais pour que plus aucune famille n’ait à vivre ça. »
Si la loi portée soutenue aujourd’hui par le gouvernement avait existé en 2020, le tir responsable de la mort d’Olivio aurait été présumé légal. Avec cette légalité présumée, il n’y aurait plus aucune nécessité d’agir vite pour récolter les preuves : dans le cas du meurtre d’Olivio, les images de vidéosurveillance ayant permis de faire avancer l’enquête auraient pu être écrasées avant le début de l’enquête. Sans ces preuves, l’enquête serait restée au point mort et la condamnation du policier aurait pu ne jamais avoir eu lieu.
C’est tout l’enjeu de cette nouvelle loi : en affaiblissant les mécanismes permettant une enquête indépendante et efficace, elle rendrait les enquêtes plus difficiles encore qu’elles ne le sont aujourd’hui.
4. Les personnes racisées encore plus exposées
Aujourd’hui, les personnes racisées sont déjà les plus ciblées par les contrôles de police. Demain, elles pourraient être les plus touchées par les conséquences de cette loi.
Avec une loi qui donnerait un « permis de tuer » aux policiers, les personnes racisées risquent d’être encore plus exposées qu’elles ne le sont déjà. Car c’est un fait que nous documentons depuis des années : un jeune homme perçu comme noir ou arabe a beaucoup plus de risque d’être contrôlé par la police. En étant plus contrôlé, il est, de fait, plus exposé à un risque de tir mortel.
Un jeune homme « perçu comme noir ou arabe » a vingt fois plus de risques d’être contrôlé que le reste de la population selon le Défenseur des droits
En France, beaucoup des personnes tuées par la police sont des personnes racisées. Selon l’agence de presse Reuters, la majorité des personnes tuées par la police dans un véhicule étaient racisées. C’était le cas de Nahel, d’origine algérienne.
5. Le sentiment d’impunité des policiers risque d’entraîner une augmentation du nombre de tirs
Aujourd’hui, l’impunité existe déjà au sein de la police. Demain, ce sentiment serait démultiplié et pourrait, de fait, entraîner une augmentation du nombre de victimes de tirs de policier.
Instaurer une présomption de légalité des tirs revient à dire aux forces de l’ordre que quoi qu’elles fassent, elles partent alors avec une longueur d’avance juridique. En présumant légal un tir, cela risque de venir renforcer le sentiment d’impunité au sein des forces de l’ordre.
Un schéma qui risque d’inciter les forces de l’ordre à avoir recours à leurs armes avec moins de précautions et donc, mathématiquement, risque d’augmenter le nombre de victimes. « On est en train de modifier une loi pour fabriquer de l’impunité » s’inquiète Nathalie Tehio, la présidente de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH). »


