Silence !

Ce 17 février une minute de silence a été observée à l’assemblée nationale suite au décès d’un militant d’extrême droite, nazi, fasciste, raciste et violent (infos sur son parcours dans l’article de Streetpress ).

Une vie est une vie, et personne ne devrait mourir pour ses idées, dois-t-on pour autant célébrer l’idéologie fasciste ?

Extrait d’un article de la Relève et la Peste (instagram , le 18 février 2026)

Pour rappel :

« ...entre 1986 et 2021 en France, sur 53 «meurtres à caractère idéologique» recensés, 90% ont été commis par l’extrême droite. Une statistique de la chercheuse Isabelle Sommier, qui n’est jamais rappelée dans le débat public. Si l’on remonte encore quelques années plus tôt, l’extrême droite a commis beaucoup plus de meurtres : elle a créé des organisations terroristes dans les années 1950 et 1960 comme la Main Rouge ou l’OAS qui exécutaient des anticolonialistes par dizaines. Elle a commis de nombreux assassinats de [personnes] maghrébines, notamment dans le sud de la France, et tué des militant·es révolutionnaires, entre autres. Aux USA, les crimes dits «extrémistes» sont encore plus nombreux, mais la proportion est sensiblement la même : 93% sont le fait de l’extrême droite.

À l’inverse, la mort de Quentin Deranque à Lyon le 14 février 2026 est le premier décès d’un militant d’extrême-droite lors d’une confrontation politique depuis 1945.  » Source : Contre Attaque, 16 février 2026.

Cet hommage au cœur de la plus haute institution de l’état, trouble et inquiète. Un hommage pour une personne qui prône la haine et la violence alors que les morts liées à la violence systémique, et à l’extrême droitisation de la société sont constamment silenciés.

Nous ne les oublions pas :

  • 946 personnes mortes dans la rue en 2025 en France (source association Morts de la rue).

Uniquement pour de la spéculation immobilière, de l’enrichissement de quelques un.es et sans doute du racisme et du classicisme. Morts, uniquement à cause de la précarité et du durcissement des lois sur le logement (merci Mr kasbarian, article qui détaille les effets de sa loi sur le site de la Fondation pour le logement). « En 2024, 24 556 ménages ont été expulsés de leur logement avec le concours de la force publique, soit une hausse de 29 % en un an et de 223 % en vingt ans« .

Une politique délibérément néfaste en tous points car l’expérimentation menée par « un chez soi d’abord » démontre que le coût global pour la société est moindre lorsqu’on accompagne et prend en charge le logement pour toustes (source : https://www.unchezsoi.fr/).

  • 25 personnes Trans mortes en 2025 en France (source AccepessT et le Flirt)

Extrait du rapport 2023/24 de l’Observatoire des violences et discriminations Transphobes :

« Entre septembre 2023 et août 2024, nous avons enregistré une hausse de 28,5 %
du nombre de victimes de violences et de discriminations transphobes
accompagnées par l’association
. Cette hausse spectaculaire a également été
observée par SOS Homophobie, qui fait apparaître une hausse de 120 % des
signalements de transphobie reçus entre son rapport 2023 (7) et son rapport 2024
(8). Même le ministère de l’intérieur fait le constat d’une hausse de 13 % des
violences LGBTphobes (9), sans toutefois partager de données sur la transphobie.
« 

Selon l’observatoire des inégalités les attaques liées à l’orientation sexuelle augmente chaque année :

« Les services de police et de gendarmerie ont enregistré plus de 3 000 crimes et délits anti-lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres (LGBT) [1] en 2024. Ce chiffre est trois fois supérieur à celui de 2016.« 

  • 167 féminicides en 2025 en France( 141 en 2024) source Noustoutes

Dans un communiqué de presse du 11 décembre 2026, la Fondation des Femmes
et l’Union Nationale des Familles de Féminicides alertent :

« La Fondation des Femmes publie aujourd’hui un état des lieux inquiétant : les
féminicides conjugaux repartent à la hausse en 2024 et 2025. Cette évolution
intervient dans un contexte de démobilisation institutionnelle, de stagnation voire
de baisse des budgets et d’affaiblissement des associations spécialisées, pourtant
en première ligne pour protéger les victimes. »

Le manque cruel de statistiques sur ce sujet est symptomatique du déni collectif. Pourtant questionné politiquement et publiquement, à ce jour il n’y a pas d’évolution. (ref sur Senat.fr ). L’état pousse à la natalité sans protéger les enfants ni accompagner les familles et permettre des conditions matérielles, psychiques, émotionnelles sécurisantes pour accueillir dignement les enfants.

Nous n’oublions pas les morts aux frontières déjà 547 victimes entre janvier et février 2026 (voir l’article d’infos migrants), les personnes victimes de violences policières et mortes sous les coups de la police, les personnes victimes de maladies environnementales en France hexagonale ou aux Antilles (voir le site cancer colère et le Collectif des Ouvriers Agricoles https://www.helloasso.com/associations/coaadep/collectes/soutenons-le-travail-du-collectif ), les enfants morts alors qu’ils étaient confiés à l’ASE, les personnes âgées qui décèdent seules ou dans des mouroirs faute de moyen et de soutien, les personnes décédées dans les couloirs des urgences ou faute de soins adaptés car le système de santé est minutieusement détruit, les morts au travail pour servir le capitalisme effréné et toustes les autres, victimes de violences systémiques. Chacune de ces vies était précieuse et s’est arrêté à cause d’un système politique néfaste et destructeur. Nous pointons le silence assourdissant qui a entouré vos morts et nous continuerons de nous battre pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

Nous poursuivons par un petit rappel sémantique et pourtant indispensable :

Le Fascisme et sa définition selon notre célèbre Robert (pourtant pas connu pour être d’extrême gauche):
« Doctrine, système politique nationaliste et totalitaire que Mussolini établit en Italie en 1922.
Doctrine ou système politique tendant à instaurer dans un État un régime totalitaire du même type.
par extension Attitude politique réactionnaire et autoritaire. »

Synonymes :
dictature, totalitarisme, tyrannie

Selon Wikipedia la définition est plus précise, en voilà un court extrait:

« En son sens large, le fascisme se définit comme une réaction aux valeurs de l’humanisme démocratique […]. Issu des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de l’homme, le communisme, l’anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme politique. »

Dans un article pour Basta Mag , Stéfanie Prezioso, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Lausanne précise :

« Du point de vue historique, mettre en équivalence fascisme et antifascisme revient à mettre sur un pied d’égalité les bourreaux et leurs victimes »

et

« Là est la différence fondamentale entre le fascisme et l’antifascisme, parce que, contrairement à l’antifascisme, le fascisme, quel qu’il soit d’ailleurs, considère la violence comme une valeur en soi. Celle-ci fait partie intégrante de sa structure même et de son cadre de pensée. Son idéologie est viriliste, guerrière et annonce la persécution des personnes qu’il place en dehors de la nation ou qui défendent des droits chèrement acquis.« 

Aussi être Antifa c’est lutter contre les formes de dominations et d’asservissement, lutter pour une société inclusive et respectueuse, pour une libre circulation des personnes, un partage équitable des richesses et des savoirs.

« siamo tutti antifascisti »

Enfin pour rappel, les doctrines d’extrême droite ne s’imposent pas partout et quelques pays tentent des approches différentes. Même si c’est loin d’être idéal, l’Espagne en fait partie et nous espérons que cela inspirera le plus grand nombre :

Pedro Sánchez Premier ministre espagnol, régularise 500.000 personnes exilées, voilà son allocution :

« Imaginez que vous soyez le dirigeant d’un pays et que vous soyez confronté à un dilemme. Environ un demi-million de personnes, essentielles à la vie quotidienne de tous, vivent dans
votre pays.
Elles s’occupent de parents âgés, travaillent dans de petites et de grandes entreprises,
récoltent la nourriture qui arrive sur nos tables. Elles font aussi partie de votre communauté.
Le week-end, elles se promènent dans les parcs, vont au restaurant et jouent dans des équipes locales de football amateur.
Mais une chose essentielle distingue ces quelques cinq cent mille personnes des autres habitants de votre pays : elles ne disposent pas des documents légaux leur permettant d’y vivre.
En conséquence, elles n’ont pas les mêmes droits que les citoyens de votre pays et ne peuvent pas remplir les mêmes obligations.
Elles ne peuvent pas accéder à l’enseignement supérieur, payer des impôts ni cotiser
à la Sécurité sociale.

Que devons-nous faire de ces personnes ?
Certains dirigeants ont choisi de les traquer et de les expulser à travers des opérations à la
fois illégales et cruelles.
Mon gouvernement a choisi une autre voie : un parcours rapide et simple pour régulariser leur situation migratoire.
Le mois dernier, mon gouvernement a adopté un décret qui rend jusqu’à un demi-million
de migrants en situation irrégulière vivant en Espagne éligibles à des titres de séjour temporaires, sous certaines conditions, qu’ils pourront renouveler au bout d’un an.

Nous avons agi pour deux raisons.

La première, et la plus importante, est d’ordre moral.
L’Espagne a autrefois été un pays d’émigration.
Nos grands-parents, nos parents et nos enfants sont partis vers l’Amérique et vers d’autres
pays d’Europe à la recherche d’un avenir meilleur dans les années 1950 et 1960, puis après
la crise financière de 2008.
Aujourd’hui, la situation s’est inversée. Notre économie est florissante.
Des étrangers viennent s’installer en Espagne.
Il est de notre devoir de devenir la société accueillante et tolérante que nos propres proches auraient espéré trouver de l’autre côté des frontières.

La seconde raison qui nous a conduits à la régularisation est purement pragmatique.
L’Occident a besoin de population.
Aujourd’hui, peu de ses pays connaissent une croissance démographique positive.
À moins d’embrasser l’immigration, ils subiront un déclin démographique brutal qui
les empêchera de maintenir leurs économies et leurs services publics à flot.
Leur produit intérieur brut stagnera. Leurs systèmes de santé et de retraite en souffriront.
Ni l’intelligence artificielle ni les robots ne pourront empêcher ce scénario, du moins à court
ou à moyen terme.
La seule option pour éviter le déclin consiste à intégrer les migrants de la manière la
plus ordonnée et la plus efficace possible.
Ce ne sera pas facile. Nous le savons.

Les migrations apportent des opportunités, mais aussi d’immenses défis que nous
devons reconnaître et affronter.
Néanmoins, il est important de comprendre que la plupart de ces défis n’ont rien à voir
avec l’origine ethnique, la race, la religion ou la langue des migrants.
Ils sont plutôt dus aux mêmes facteurs qui touchent nos propres citoyens : la pauvreté,
les inégalités, des marchés insuffisamment régulés, les obstacles à l’éducation et
à l’accès aux soins.
C’est sur ces problèmes que nous devons concentrer nos efforts, car ce sont eux qui cons-
tituent les véritables menaces pour notre mode de vie.
Peu de gouvernements, aujourd’hui, sont favorables à la régularisation des migrants.
Mais davantage de citoyens qu’on ne l’imagine le sont.
L’initiative de régularisation engagée en Espagne a en réalité commencé comme une mobilisation citoyenne, soutenue par plus de 900 organisations non gouvernementales, dont l’Église catholique, et elle bénéficie également de l’appui des organisations patronales et des syndicats.
Plus important encore, elle est soutenue par la population : selon un sondage récent, près
de deux Espagnols sur trois estiment que l’immigration représente une opportunité ou
une nécessité pour notre pays.

Des dirigeants de type « MAGA » peuvent affirmer que notre pays ne peut pas faire face à l’accueil d’un si grand nombre de migrants — que ce serait un acte suicidaire, le geste
désespéré d’un pays en déclin.
Mais ne les croyez pas. L’Espagne se porte très bien.
Depuis trois années consécutives, nous enregistrons la croissance économique la
plus rapide parmi les grands pays européens.
Nous avons créé près d’un emploi sur trois parmi tous les nouveaux emplois de
l’Union européenne, et notre taux de chômage est passé sous la barre des 10 %
pour la première fois depuis près de vingt ans.
Le pouvoir d’achat des travailleurs a également progressé, et les niveaux de pauvreté
et d’inégalités ont atteint leur plus bas niveau depuis 2008.
Cette prospérité est le résultat du travail des citoyens espagnols, de l’effort collectif
de l’Union européenne et d’un programme inclusif qui considère les migrants comme des partenaires indispensables.

Ce qui fonctionne pour nous peut fonctionner pour d’autres.
Le moment est venu pour les dirigeants de parler clairement à leurs concitoyens du dilemme auquel nous sommes tous confrontés.
Nous, nations occidentales, devons choisir entre devenir des sociétés fermées et appauvries,
ou des sociétés ouvertes et prospères.
La croissance ou le repli : telles sont les deux options qui s’offrent à nous.
Et par croissance, je ne parle pas seulement de prospérité matérielle, mais aussi de notre développement spirituel.
Les gouvernements peuvent adopter la vision à somme nulle de l’extrême droite et se replier sur l’isolement, la pénurie, l’égoïsme et le déclin.
Ou bien ils peuvent mobiliser ces mêmes forces qui, non sans difficultés, ont permis à nos sociétés de prospérer pendant des siècles.
Pour moi, le choix est clair.
Et pour la prospérité et la dignité humaine, j’espère que beaucoup d’autres feront le même choix. »